Stratégie

La France maîtrise l’ensemble de la chaîne aéronautique et spatiale, du bureau d’études à l’assemblage final. Trois pôles de compétitivité portaient historiquement cette filière: Aerospace Valley, à cheval sur Toulouse et Bordeaux, ASTech en Île-de-France et Pégase en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans ce trio, Pégase avait choisi un terrain distinct des deux autres.

Le choix des nouveaux usages plutôt que des grands programmes

Aerospace Valley et ASTech restaient concentrés sur les grands programmes d’avions et de lanceurs. Pégase visait autre chose: les marchés situés en dehors des champs d’intervention traditionnels de l’aéronautique et du spatial. Le pôle affichait cet objectif comme un cap.

Devenir leader mondial des nouveaux usages aérospatiaux.

Jean-Yves Longère, directeur du pôle Pégase, 2013

Derrière la formule, du concret: hélicoptères, drones civils, dirigeables et ballons stratosphériques, systèmes spatiaux appliqués. Dans ces domaines, la valeur ne vient pas seulement de l’appareil, mais de ce qu’il permet de faire: surveiller, observer, relier, transporter, sécuriser.

Trois raisons derrière ce choix

Le premier motif était industriel. Les nouveaux usages, drones et dirigeables en tête, dessinaient des marchés encore en formation. Y arriver tôt donnait une avance difficile à rattraper ensuite.

Le deuxième tenait à la région. La Provence-Alpes-Côte d’Azur réunit plusieurs domaines d’excellence technologique portés chacun par un pôle de compétitivité distinct: la microélectronique et le numérique avec le pôle SCS, l’optique avec Optitec, l’énergie avec Capenergies. Pégase s’appuyait sur ces compétences voisines plutôt que de les dupliquer.

Le troisième regardait au-delà du secteur. Matériaux composites, capteurs, logiciels embarqués et méthodes de production développés pour l’aérospatial pouvaient irriguer d’autres industries. C’est vrai en particulier pour le naval, où les questions de structures et d’environnements extrêmes se recoupent avec celles de l’aéronautique.

Un tissu régional mesurable

Cette proximité entre pôles n’était pas seulement déclarative. Selon un rapport du Sénat sur les pôles de compétitivité, près de la moitié des entreprises membres de Pégase adhéraient aussi à un autre pôle de la région. Le même rapport situe la part de PME dans le réseau de Pégase à 90%, contre 73% pour le pôle Risques. Sur le terrain, elle s’est aussi traduite par des accords formels. Une convention signée en octobre 2008 avec Capenergies portait sur les applications énergétiques dans le secteur aéronautique.

Ce que cette stratégie a préparé

Penser en usages plutôt qu’en appareils rapprochait déjà Pégase des questions de sécurité et de gestion des risques, bien avant la fusion de 2015 avec le pôle Risques. Un drone qui surveille une zone à risque ou un dirigeable qui observe un site sensible relevait des deux logiques à la fois. Le détail de cette fusion et de ses chiffres figure sur la page d’accueil.